Vraisemblablement je me suis trompé. Il est possible de faire de l’argent ici. Enfin, je n'y suis pas obligé. Et surtout vais-je y
arriver ? Aucune importance, cela ne doit pas interrompre ma mission. Je ne dois pas y penser. Argent, argent. Ahhhhh, zut, c’est fini. Pour information, "j’ai un gros problème avec
l’argent", depuis tout jeune. C’est ça qui me dérange, j’ai peur que ça revienne. Vol, emprunt, lynchage, sous-lit, boîte en fer, et coup de marteau. C’est trop dur, et d’y penser me donne envie
de gerber. Alors vais-je devoir quitter ces lieux !? Non !!!! Je refuse. Je veux continuer à parler tout seul ! Merde ! Mais qu’est-ce que je raconte ? Suis-je donc
saoul ? me dis-je. J’ai un besoin viscéral d’argent, ne serait-ce que pour payer l'électricité, pour payer l’eau. Les courses ! Ahhhhh ! Si je ne peux plus ni manger, ni me laver, ni me
chauffer, je vais mourir. Alors ? Alors oui j’ai besoin de cet argent. Alors oui je vais continuer. Alors oui ! Oui ! Oui ! N’en déplaise aux incestueux ! Arggggg, râle-t-il.
Mais qu’est-ce que je raconte encore ? fais-je. Les incestueux ? Qui ça ? Ah oui, ceux qui m’ont jugé quand j’étais jeune. Voilà le souvenir qui ressurgit. C’était un couple-homo-vigiles, me
rémémoré-je, deux pères divorcés qui s’étaient « accouplés » avec leur fille respective. Non, la fille de l’un et de l’autre. Mais quoi ? Oui, chaque père avait dépucelé la fille
de l’autre. Donc, je reviens sur le mot, il ne s’agissait pas d’inceste, mais d'une cérémonie. Enfin, on peut se tromper. Donc...ils m’ont pris entre quatre yeux, comme l’on fait lors d’un
règlement sur l’honneur, d'une joute sérieuse. Ils m’ont ordonné, toi, ne vois dans nos actes que l’éclat pur de l’instinct. J’ai dit, faites de même avec moi alors. Et ils m’ont répondu, rêve
jeune homme, lorsque, comme nous, tu posséderas une république, tu le pourras, mais pour l’instant, c’est prison, soupe et crouton. J’ai ri. Puis j’ai pleuré. Qu’avais-je fait pour mériter
pareil jugement ? Et bien j’avais volé, oui, j’avais volé de l’argent, j’avais détourné pas moins de 100€. Comment ? Et bien, par la force de mon esprit. J’étais à la caisse, dans un
supermarché, le tiroir-caisse ouvert, et des billets, des billets qui affleuraient, j’étais fou. Peux-je ? Je ne pouvais pas
tendre la main, alors je les ai regardés comme un sauvage. Tout cet argent ! Puis un billet s’est levé, flottant, 100€. Ma force d’esprit ! gloussé-je. Et là derrière-moi deux hommes,
les deux péromaux, m’ont tapé sur l’épaule et invité à les suivre dans leur salle. Ils m’ont raconté leur vie, raconter évidemment ce qu’allait devenir la mienne. M’ont passé le goût du vol…puis
j’ai été mis au cachot. Alors aujourd’hui je n’ai pas envie que ça recommence. Alors oui, je veux et j'ai besoin de cet argent ! ! ! !